Bac Nouvelle Calédonie 2023 Sujet 1
Exercice 2 – (5 points) – Durée 0h53 – Calculatrice autorisée
Sujet n°23-PYCJ1NC1
Sujet et corrigé
EXERCICE II – L’OBSERVATION DE SATURNE (5 points)
« Le 20 juin 2019, Saturne s’est retrouvée au plus près de la Terre à 1,36 milliard de kilomètres. […] Le télescope spatial Hubble a pu photographier Saturne, particulièrement visible, car entièrement éclairée par le Soleil (figure 1). Saturne et son système d’anneaux offriront toujours un spectacle exceptionnel. […] Ils sont composés de particules de glaces et de roches de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de dimension sur une très faible épaisseur. »
Source : d’après www.futura-sciences.com

Figure 1: Image de Saturne depuis le télescope spatial Hubble© Nasa, ESA, photo prise le 20 juin 2019, https://hubblesite.org
L’exercice proposé étudie la capacité de l’œil à profiter du « spectacle exceptionnel » que peut offrir l’observation de la planète Saturne à l’aide d’une lunette astronomique.
On repère sur la figure 1 deux points considérés comme infiniment éloignés de la Terre :
- le centre de la planète Saturne, noté A∞ ;
- un point de l’anneau externe, noté B∞.
Données :
- Distance 𝐴∞𝐵∞ = 1,1 × 108 m.
- La longueur d’onde de la radiation la plus lumineuse diffusée par Saturne est λ = 705 nm.
- L’angle apparent 𝛼 sous lequel est vu un objet AB à l’œil nu est représenté sur la figure 2.
- On considère qu’un œil normal ne peut pas distinguer deux points objets A et B très proches si l’angle apparent sous lequel ils sont vus est inférieur à 2,9 × 10−4 rad.

Figure 2
- L’angle apparent sous lequel le système d’anneaux de Saturne est vu depuis la Terre vaut α = 8 × 10−5 rad quand Saturne est au plus près de la Terre.
- Pour des petits angles exprimés en radians, on peut écrire tan 𝛼 ≈ 𝛼.
- Le pouvoir séparateur d’un instrument d’optique représente sa capacité à séparer deux points objets A et B très proches.
La limite de résolution angulaire d’un instrument d’optique est le plus petit angle apparent 𝛼lim sous lequel sont observés deux points objets dont la lunette donne des images distinctes.
D’après le critère de Rayleigh, deux points objets sont séparés si 𝛼 (en radians) est supérieur à la limite de résolution 𝛼lim, c’est-à-dire 𝛼 > 𝛼lim= 1,22 × 𝜆/D où 𝐷 est le diamètre de l’objectif et l la longueur d’onde de la radiation émise avec le maximum d’intensité par les points objets observés.
Partie A – Limite de résolution d’une lunette astronomique et pouvoir séparateur de l’œil
La lunette astronomique et l’œil sont limités dans leur capacité à discerner deux points objets.
A.1. Déterminer s’il est possible ou non de profiter du « spectacle exceptionnel » que peut offrir l’observation de la planète Saturne avec ses anneaux à l’œil nu.
D’après les données : L’angle apparent sous lequel le système d’anneaux de Saturne est vu depuis la Terre vaut α = 8 × 10−5 rad quand Saturne est au plus près de la Terre.
Or, toujours d’après les données, On considère qu’un œil normal ne peut pas distinguer deux points objets A et B très proches si l’angle apparent sous lequel ils sont vus est inférieur à 2,9 × 10−4 rad.
α<2,9 × 10−4 rad : il n’est pas possible de profiter du « spectacle exceptionnel » que peut offrir l’observation de la planète Saturne avec ses anneaux à l’œil nu.
On observe Saturne avec une lunette astronomique dont un extrait de la notice technique est reproduit figure 3.
| Diamètre de l’objectif (en mm) | 70 |
| Distance focale de l’objectif (en mm) | 900 |
| Mouvement lent | à friction |
| Monture | azimutale |
| Ouverture | 70 |
| Distances focales des oculaires | 20 mm et 10 mm |
| Grossissement avec équipement livré | 45 X et 90 X |
Figure 3 : Extrait de la notice d’une lunette astronomique
A.2. À partir du critère de Rayleigh, déterminer la limite de résolution angulaire 𝛼lim de cette lunette commerciale.
$$\alpha_{lim}=1,22\times\frac{\lambda}{D}$$
D’après les données : La longueur d’onde de la radiation la plus lumineuse diffusée par Saturne est $\lambda = 705\ \mathrm{nm}$.
$$\alpha_{lim}=1,22\times\frac{705\times{10}^{-9}}{70\times{10}^{-3}}$$
$$\alpha_{lim}=1,2\times{10}^{-5}\ \mathrm{rad}$$
La limite de résolution angulaire $\alpha_{lim}$ de cette lunette commerciale à pour valeur :
$$\alpha_{lim}=1,2\times{10}^{-5}\ \mathrm{rad}.$$
A.3. Indiquer si le phénomène ondulatoire limitant la résolution empêche ou pas l’observation de Saturne avec la lunette proposée.
$\alpha>\alpha_{lim}=1,2\times{10}^{-5}\ \mathrm{rad}$ : le phénomène ondulatoire limitant la résolution n’empêche pas l’observation de Saturne avec la lunette proposée.
Partie B – Formation de l’image de Saturne et de ses anneaux
Sur le schéma de l’ANNEXE II À RENDRE AVEC LA COPIE (page 13/13), on modélise la lunette astronomique à l’aide de deux lentilles minces convergentes L1 et L2, de centres optiques respectifs O1 et O2 et d’axe optique Δ.
La lunette afocale est réglée de façon à procurer les meilleures conditions d’observations. Elle donne d’un objet A∞B∞ , situé à l’infini, une image A’∞B’∞ située à l’infini, observable sans accommoder pour un œil normal.
La planète Saturne et ses anneaux, supposés à l’infini, sont représentés sans souci d’échelle par A∞B∞, le point A∞ étant sur l’axe optique. Un rayon lumineux issu de B∞ est également représenté.
B.1.1. Identifier sur le schéma de l’ANNEXE II À RENDRE AVEC LA COPIE (page 13/13), l’objectif L1 et l’oculaire L2.
L1 : l’objectif car c’est la lentille placée vers l’objet
L2 : l’oculaire car c’est une lentille convergente possédant une petite distance focale. C’est la lentille où on place l’œil.

B.1.2. Positionner sur le schéma de l’ANNEXE II À RENDRE AVEC LA COPIE (page 13/13) :
- les centres optiques respectifs O1 et O2 ;
- le foyer image F’1 de L1 et le foyer objet F2 de L2 sans souci d’échelle mais de façon cohérente.
Les centres optiques respectifs O1 et O2 ; sont placés respectivement aux centres des lentilles L1 et L2.

Le foyer objet F2 de L2 : O2F2= O2F’2

Le foyer image F’1 de L1 :
D’après le sujet la lunette est afocale. La lentille L1, donne de l’objet A∞B∞, une image A1B1 sur le foyer image F’1. Pour que L2 donne une image A’∞B’∞, il faut que soit sur le foyer objet F2.
Ainsi, les deux foyers F’1 et F2 sont confondus.

B.2. Représenter sur le schéma de l’ANNEXE II À RENDRE AVEC LA COPIE (page 13/13) :
- l’image intermédiaire A1B1 de l’objet A∞B∞ donnée par l’objectif L1 ;
- le faisceau émergent de la lunette issu de B∞ et passant par les bords de l’objectif.
La lentille L1, donne de l’objet A∞B∞, une image A1B1 sur le plan focal.
Le rayon issu de B, passant par O1 n’est pas dévié.
Le point B1 est défini par l’intersection de ce rayon et le plan focal.

Le faisceau émergent de la lunette issu de B∞ et passant par les bords de l’objectif :
Tous les rayons issus de B sont parallèles entre eux car ils proviennent de l’infini.

Tous les rayons issus de B se rejoignent au point B1.

Partie C – Grossissement de la lunette astronomique
Le grossissement de la lunette est donné par l’expression : $G=\frac{\alpha’}{\alpha}$, 𝛼′ étant l’angle sous lequel on voit l’image A’∞B’∞ de l’objet A∞B∞ à travers l’instrument.
C.1. Repérer 𝛼′ sur le schéma de l’ANNEXE II À RENDRE AVEC LA COPIE (page 13/13).
Un rayon issu de B1 passant par O2 n’est pas dévié.

A1B1 étant sur le plan focal, il donnera une image à l’infini, tous les rayons issus de B1, passant par la lentille L2 seront parallèles.

Remarque : L’échelle du schéma ne permet pas de bien voir les rayons au niveau du foyer image. Les rayons ne passent pas par F’2.
$\alpha’$ est l’angle sous lequel est vue l’image finale en sortie de lunette.

C.2. Établir l’expression du grossissement 𝐺 en fonction des distances focales 𝑓1′ de l’objectif et 𝑓2′ de l’oculaire.

Le grossissement G est défini par :
$$G=\frac{\alpha’}{\alpha}$$
$$\tan\left(\alpha\right)\approx\alpha=\frac{A_1B_1}{f’_1}$$
$$\tan\left(\alpha’\right)\approx\alpha’=\frac{A_1B_1}{f’_2}$$
$$G=\frac{\alpha’}{\alpha}=\frac{\frac{A_1B_1}{f’_2}}{\frac{A_1B_1}{f’_1}}=\frac{A_1B_1}{f’_2}\times\frac{f’_1}{A_1B_1}=\frac{f’_1}{f’_2}$$
L’observateur utilise l’oculaire de distance focale 20 mm.
C.3. Valider la valeur du grossissement « 45 X » de la lunette commerciale décrite en figure 3.
$$G=\frac{f’_1}{f’_2}$$
$$G=\frac{900\times{10}^{-3}}{20\times{10}^{-3}}$$
$$G=45$$
La valeur du grossissement « 45 X » de la lunette commerciale décrite en figure 3 est validée.
C.4. Déterminer si l’œil peut théoriquement discerner les anneaux de Saturne avec l’aide de cette lunette.
Le candidat est invité à prendre des initiatives et à présenter la démarche suivie, même si elle n’a pas abouti. La démarche est évaluée et nécessite d’être correctement présentée.
$$G=\frac{\alpha’}{\alpha}$$
$$\frac{\alpha’}{\alpha}=G$$
$$\alpha’=G\times\alpha$$
$$\alpha’=45\times8\times{10}^{-5}\ $$
$$\alpha’=3,6\times{10}^{-3}\ \mathrm{rad}\ $$
D’après les données :
D’après les données, On considère qu’un œil normal ne peut pas distinguer deux points objets A et B très proches si l’angle apparent sous lequel ils sont vus est inférieur à $2,9 \times 10^{-4}\ \mathrm{rad}$.
$$\alpha’=3,6\times{10}^{-3}\ \mathrm{rad} > 2,9 \times 10^{-4}\ \mathrm{rad}$$ : l’œil peut théoriquement discerner les anneaux de Saturne avec l’aide de cette lunette.
ANNEXE II À RENDRE AVEC LA COPIE (même non complétée)
EXERCICE II
Modélisation de la lunette astronomique
