Enseignement scientifique Terminale
Durée 1h – 10 points – Thème « Le futur des énergies »
Sujet n°ENSSCI3197 et n°ENSSCI3191
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Le 6ème rapport du GIEC (Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) paru en 2023 définit plusieurs scénarios d’évolution appelés trajectoires socio-économiques partagées (en anglais, shared socioeconomic pathways, SSP) Ce sont des scénarios d’évolutions socio-économiques mondiales projetés jusqu’en 2100, combinant des hypothèses qualitatives sur l’évolution de la société et des projections quantitatives de paramètres clés (émissions de gaz à effet de serre, PIB, population, urbanisation, …).
Ce sujet propose, au travers de l’étude de quelques documents issus du 6ème rapport du GIEC, d’aborder deux conséquences observables du changement climatique : l’étendue des glaces de mer et la hausse moyenne des températures.
Partie 1 – La hausse de la température déterminée par nos choix
Document 1 – Les années actuellement les plus chaudes feront partie des plus froides dans 40 ans
Les variations annuelles des températures de surface mondiales sont présentées sous forme de « bandes climatiques », avec des projections futures montrant les tendances à long terme causées par l’homme […].
Sur l’infographie suivante, cinq scénarios sont identifiés, en fonction des projections d’émission de gaz à effet de serre :
- très faibles émissions (SSP 1 – 1.9) ;
- faibles émissions (SSP 1 – 2.6) ;
- émissions intermédiaires (SSP 2 – 4.5) ;
- fortes émissions (SSP 3 – 7.0) ;
- très fortes émissions (SSP 5 – 8.5).
Changement de la température à la surface du globe par rapport à 1850 –1900 :

Pour chacune des affirmations suivantes, recopier la réponse correcte sur votre copie.
1-a- La date de référence 1850-1900 correspond :
- à la révolution industrielle ;
- au début des études sur le climat ;
- à l’invention des satellites d’observations météorologiques.
La date de référence 1850-1900 correspond : à la révolution industrielle
1-b- En 2000, l’écart de température mesuré par rapport à la période 1850-1900 était :
- nul ;
- compris entre 0,5 et 1°C ;
- compris entre 2,5 et 3°C.
En 2000, l’écart de température mesuré par rapport à la période 1850-1900 était : compris entre 0,5 et 1°C ;

1-c- On se place dans le cas d’un scénario d’évolution du climat lié à des émissions intermédiaires de gaz à effet de serre. Pour une personne née en 2020, lorsqu’elle aura 70 ans, l’écart de température global par rapport à la période 1850-1900 sera :
- compris entre 1,5 et 2°C ;
- compris entre 2,5 et 3°C ;
- compris entre 3,5 et 4°C.
On se place dans le cas d’un scénario d’évolution du climat lié à des émissions intermédiaires (émissions intermédiaires (SSP 2 – 4.5)) de gaz à effet de serre. Pour une personne née en 2020, lorsqu’elle aura 70 ans (2020+70=2090), l’écart de température global par rapport à la période 1850-1900 sera : compris entre 2,5 et 3°C ;

2- Préciser l’année à partir de laquelle la température à la surface du globe a atteint +1 °C par rapport à 1850-1900.
Le graphique représente le Changement de la température à la surface du globe par rapport à 1850 –1900.
Graphiquement, à partir de 2010 la température à la surface du globe a atteint +1 °C par rapport à 1850-1900.

3- Indiquer, en expliquant votre réponse, si les données présentées dans le document 1 relèvent de la climatologie ou de la météorologie.
Les données présentées dans le document 1, qui concernent les variations des températures sur des temps supérieur à 30 ans. Ainsi, elles relèvent de la climatologie.
Partie 2 – Étendue des glaces de mer
Document 2 – À propos de la glace de mer
La glace de mer est constituée d’eau de mer gelée, et parfois aussi de neige tassée ou d’eau douce gelée (l’eau de mer gèle à une température plus basse – environ –2°C – que l’eau douce). C’est un composite complexe principalement formé de glace pure dans divers états de cristallisation, de bulles d’air et de poches de saumure incluses. Étant moins dense que l’eau, elle flotte à la surface de l’océan (tout comme la glace d’eau douce, qui a une densité encore plus faible).

Fragments épars de glace de mer recouverts de neige
Source : Wikipedia, article « Glace de mer »
Document 3 – Graphiques et projections du GIEC
(a) Étendue de glace de mer de l’Arctique en septembre

(b) Changement du niveau de la mer à l’échelle globale par rapport à 1900

Source : 6ème rapport du GIEC
4- Déterminer, avec la précision permise par le graphique, une approximation de la variation, exprimée en pourcentage, de l’étendue de glace de mer de l’Arctique entre septembre 1950 et septembre 2015. Arrondir à l’unité.
Graphiquement :
• En 1950, l’étendue était environ de 6,2 millions de km².
• En 2015, elle est descendue à environ 4,3 millions de km².

Calculons de la variation en pourcentage :
$Variation=(Valeur\ initiale-Valeur\ finale)/(Valeur\ initiale)\times100$
$Variation=(6,2-4,3)/6,2\times100$
$Variation=31\%$
5- Montrer que les résultats présentés sur les graphiques du document 1 et du document 3a mettent en évidence une corrélation entre deux grandeurs que l’on précisera. Indiquer, en justifiant, si cette corrélation peut être associée à une relation de causalité ou non.
Sur le document 1, on observe que la température moyenne mondiale a augmenté fortement entre 1950 et 2015.
Sur le document 3a, on observe que l’étendue de la glace de mer en Arctique a diminué, entre 1950 et 2015.
Les deux grandeurs évoluent dans un sens opposé. On parle donc de corrélation.
On peut associer cette corrélation à une relation de causalité, car la glace se transforme en eau liquide quand la température augmente (à partir 0°C pour l’eau douce et -2°C pour l’eau de mer gelée).
6- Montrer que les résultats présentés sur les graphiques du document 3a et du document 3b mettent en évidence une corrélation entre deux grandeurs que l’on précisera. Indiquer, en justifiant, si cette corrélation peut être associée à une relation de causalité ou non
Le document 3a montre que, selon les différents scénarios d’émissions (SSP), l’étendue de la glace de mer diminue fortement, en particulier après 2000, et pourrait devenir presque nulle d’ici la fin du siècle pour les scénarios les plus pessimistes.
Le document 3b montre que le niveau moyen des océans augmente, pouvant atteindre près de 1 mètre d’ici 2100.
Cela signifie que plus la glace fond, plus le niveau de la mer s’élève : il y a donc une corrélation entre la fonte des glaces et la montée des eaux.
La glace de mer, comme celle de l’Arctique, flotte déjà sur l’eau. Sa fonte ne fait pas directement monter le niveau de la mer (principe d’Archimède).
On ne peut donc pas associer cette corrélation à une relation de causalité.
Partie 3 – Efficacité des puits de carbone
Document 4 – Émissions de CO2 anthropique cumulées, absorbées d’ici 2100 par les puits de carbone terrestres et océaniques selon les cinq scénarios représentatifs

Source : 6ème rapport du GIEC, résumé pour les décideurs
7- Définir l’expression « émissions de CO2 anthropique ».
Les émissions de CO2 anthropique désignent le dioxyde de carbone rejeté dans l’atmosphère par les activités humaines.
8- Pour le scénario SSP5-8.5, déterminer une valeur approchée du pourcentage des émissions cumulées de CO2 absorbées par les terres émergées et l’océan. Indiquer le calcul effectué.
Pour le scénario SSP5-8.5, calculons le pourcentage des émissions cumulées de CO2 absorbées par les terres émergées et l’océan :
$P=(CO_2\ absorbé\ par\ les\ terres\ émergées\ et\ l’océan)/(CO_2\ total\ absorbé)\times100$
$P=4000/(10\ 500)\times100$
$P=38 \%$

9- En vous appuyant sur le document 4 et sur vos connaissances, expliquer l’affirmation suivante figurant dans le rapport du GIEC : « les puits de carbone océaniques et terrestres perdent en efficacité si les émissions de CO2 augmentent, ce qui amplifie la hausse moyenne des températures ». Pour cela, il conviendra notamment :
- d’expliquer ce qu’est un puits de carbone ;
- de vous appuyer sur des données chiffrées du document 4 ;
- d’expliquer le lien entre les émissions de CO2 anthropique et le réchauffement climatique.
Un puits de carbone est un réservoir naturel (océans, forêts, sols) qui absorbe une partie du CO₂ présent dans l’atmosphère.
D’après le document 4, d’ici 2100,
- Pour de très faibles émissions (SSP 1 – 1.9), 70% des émissions de CO₂ anthropique cumulées seront absorbées.
- Pour de très faibles émissions (SSP 1 – 2.6), 65% des émissions de CO₂ anthropique cumulées seront absorbées.
- Pour de très émissions intermédiaires (SSP 2 – 4.5), 54% des émissions de CO₂ anthropique cumulées seront absorbées.
- Pour de très fortes émissions (SSP 3 – 7.0), 44% des émissions de CO₂ anthropique cumulées seront absorbées.
- Pour de très fortes émissions (SSP 5 – 8.5), 38% des émissions de CO₂ anthropique cumulées seront absorbées.
Ainsi, le pourcentage des émissions de CO₂ anthropique cumulées, absorbées d’ici 2100 par les puits de carbone terrestres et océaniques diminue lorsque le niveau d’émission de gaz à effet de serre augmente.
Quand les puits deviennent moins efficaces, davantage de CO₂ reste dans l’atmosphère, renforçant l’effet de serre et contribuant ainsi à l’amplification du réchauffement climatique.