Lien entre les populations de vautours et la santé humaine en Inde

Enseignement scientifique Terminale

Durée 1h – 10 points – Thème « Une histoire du vivant »

Sujet n°ENSSCI3224

Le Vautour chaugoun (Gyps bengalensis) est une espèce de rapaces charognards (qui consomment les carcasses d’animaux) vivant en Inde. Cette espèce est classée en danger critique d’extinction sur la liste rouge de l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) en raison d’un déclin très rapide de ses populations depuis les années 1980.

On s’intéresse ici aux causes de ce déclin et à ses conséquences sur les sociétés indiennes.

Document 1 – Évolution de la population de vautours chaugouns en Inde au cours de la période 2000-2011

a- Nombre d’individus observés lors de comptages réguliers le long d’une même route à l’ouest du pays au cours du temps

b- Estimation de l’effectif total de la population de vautours chaugouns, entre 2000 et 2011, comparé à l’effectif de l’année 1992

Les estimations d’effectif total sont réalisées, à l’aide d’un modèle mathématique, à partir des comptages réalisés sur l’ensemble du territoire.

Les barres d’erreur représentent un intervalle de confiance à 95 %.

La courbe représente la tendance d’évolution de la population ajustée aux données de la période 2000-2011.

Le diclofénac est un médicament qui a été utilisé en Inde à partir des années 1980 pour traiter les inflammations chez les bovins (vaches, buffles). Ces animaux étant sacrés en Inde, leur viande n’est pas consommée et leurs carcasses sont laissées dans la nature pour être consommées par les charognards.

Le diclofénac est hautement toxique pour les oiseaux, des ingestions répétées entraînant des insuffisances rénales chroniques mortelles.

Source : The Population Decline of Gyps Vultures in India and Nepal Has Slowed since Veterinary Use of Diclofenac was Banned (Vibhu Prakash et al., PLOS One, 2012)

Document 2 – La rage, une maladie préoccupante pour le sous-continent indien

Le virus de la rage est un agent pathogène qui se transmet à l’être humain par contact avec la salive d’animaux infectés. Les principaux vecteurs de la rage pour l’être humain sont les chiens, responsables de 95 % des cas de transmission.

Les chiens errants ont, tout comme les bovins, un statut sacré en Inde. On estime leur population aux alentours de 25 millions d’individus.

La rage est mortelle pour l’être humain lorsqu’elle n’est pas traitée rapidement. En Inde, on estime que cette maladie cause entre 18 000 et 20 000 décès humains chaque année, majoritairement dans les populations défavorisées. Environ 30 à 60 % des cas de rage signalés concernent des enfants de moins de 15 ans.

Les risques de transmission de la rage peuvent être réduits via des campagnes de vaccination des populations humaines.

Source : d’après l’Organisation Mondiale de la Santé : https://www.who.int

Document 3 – Propagation d’agents pathogènes tels que le virus de la rage

Source : d’après https://www.mnhn.fr/fr/une-seule-sante-one-health

Le concept « One Health » (« Une Seule Santé ») repose sur le principe selon lequel la protection de la santé humaine passe par celle des animaux et de leurs interactions avec l’environnement.

1- À l’aide de l’ensemble des documents, montrer en quoi le cas des vautours chaugouns en Inde illustre le concept « One Health ».

2- Proposer une solution, en plus de la vaccination, qui permettrait de limiter la propagation du virus de la rage dans les populations humaines.

Une équipe d’ornithologues cherche à estimer l’abondance d’une population de vautours chaugouns d’une région. Ils réalisent dans un premier temps la capture de 40 individus qu’ils marquent à l’aide de bagues avant de les relâcher. Ultérieurement, ils réalisent une nouvelle capture dans la même région : sur les 80 individus observés, 32 vautours présentent des bagues.

3- En utilisant les données obtenues par les ornithologues, déterminer l’abondance N de la population étudiée.

4- Justifier le fait que le résultat obtenu précédemment n’est qu’une estimation.

Lorsque l’on réalise une recapture dans la population de vautours, la proportion d’individus bagués présents dans cette population a 95 % de chances d’appartenir à l’intervalle suivant :

[f1n;f+1n]\left[f-\frac{1}{\sqrt n};f+\frac{1}{\sqrt n}\right]

où 𝑓 est la fréquence d’individus bagués présents dans l’échantillon obtenu lors de la recapture et où 𝑛 correspond au nombre total d’individus de cet échantillon.

5- Calculer la fréquence 𝑓 de vautours bagués lors de la recapture.

6- Donner l’intervalle de confiance à 95 % de la proportion de vautours bagués. En déduire un intervalle du nombre de vautours présents dans la population étudiée.